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 Le greffage

Parmi les nombreuses méthodes de multiplication des plantes pratiquées par les horticulteurs, le greffage est certainement l’une des plus courantes ; il s’agit d’une opération assez délicate que l’on ne maîtrise efficacement qu’après de nombreux essais, c’est en fait un véritable tour de main à acquérir.

Le greffage consiste à réunir, par soudure intime, des végétaux d’une même famille, quoique de variétés différentes, dont l’un fait office de support, ou portegreffe (ou sujet) avec son appareil souterrain, racines, morceau de tronc, et qui fournit la sève alimentant le deuxième ou greffon, portion de végétal à implanter avec son appareil aérien (feuilles, branches, bourgeons) ; lequel déterminera la partie supérieure du nouveau végétal.

Le greffage, en plus de son usage en reproduction, sert à renforcer certaines espèces peu vigoureuses, ou impropres à la reproduction par semis, bouturage ou division de racines. Par exemple, un rosier polyantha greffé sur un églantier tolérera mieux le calcaire dans le sol. Le greffage se pratique essentiellement sur les arbres, arbustes, rosiers et fruitiers.

Conditions essentielles

Seules les plantes dicotylédones (et non monocotylédones) peuvent être greffées. De plus, il doit y avoir affinité entre le greffon et le porte greffe (même famille, ou même genre botanique obligatoirement). C’est par le cambium, étroite zone de tissus jeunes et vivants vert tendre, que la soudure s’opère ; les deux cambiums des plantes à greffer doivent être donc très rapprochés. Enfin il n’existe pas de réciprocité systématique : on peut greffer un poirier sur un cognassier, ou encore un végétal à feuillage persistant sur un autre à feuilles caduques, mais non le contraire.

Le greffon, réduit souvent à un seul rameau ou oeil parfois, doit provenir d’une plante jeune, l’âge du portegreffon étant indifférent ; il peut présenter quelques bourgeons.

Périodes de greffage :

on greffe sous abris dès la fin de l’hiver à la fin de l’automne, en plein air de mars à septembre.

Outils de greffage :

on utilise des greffoirs à lames coupantes et spatulées, des serpettes, des sécateurs, des égoïnes (ou scies à mains) pour les coupes et prélèvements, qui doivent être très nets, éventuellement ravivés à la serpette. Pour les ligatures, qui doivent être serrées et élastiques à la fois, se munir de raphia, de fil de coton, de ficelle, de bandes de caoutchouc ou de cellophane. Pour cautériser et protéger la blessure de la coupe, choisissez un mastic à greffer à froid (plus maniable qu’à chaud), à base de résine, de poix, de cire d’abeille ou encore de graisses comme le suif ou le saindoux. Ce mastic est imperméable et indispensable à l’engluement qui empêche champignons et maladies de se développer sur la plaie, tout en renforçant la soudure porte greffe et greffon.

Protection des greffes

Méfiez vous des charançons, amateurs de bourgeons tendres, et enveloppez le greffon dans du papier (ou cellophane) jusqu’au complet développement du bourgeon. Les oiseaux se tiendront à distance si vous disposez des perchoirs artificiels (tiges de bambous dépassant en longueur votre greffon, à palisser). Et surtout, ne laissez jamais une ligature étrangler un sujet ; dès que la greffe est bien prise, tranchez la au greffoir.

Les espèces que l’on peut greffer :

Facilement :

prunier, pommier, cerisier, pêcher, abricotier, vigne.

Assez facilement :

lierre, lilas, troène, cytise, houx.

Difficilement :

camélia, azalée, rhododendron, oranger.

Quelques greffes

Il existe plus d’une centaine de procédés de greffage connus à ce jour ; une liste exhaustive serait trop fastidieuse, aussi ne seront décrites ici que les méthodes les plus couramment utilisées, à la portée d’un amateur.

La greffe en écusson ou écussonnage

Le greffon est un oeil ou écusson que l’on prélève sur un rameau, de bonne vigueur et muni de son écorce, mais en prenant garde à ne pas entamer l’aubier (cour du bois) ; on l’insère sous
l’écorce du porte greffe, soulevée et incisée en forme de T, puis on ligature au raphia sans emprisonner l’oeil, en enroulant par le haut. Rosiers et arbres fruitiers sont ainsi greffés. Il est possible de greffer au printemps, mais les résultats sont meilleurs en été, à oeil dormant. Le terrain aura été soigneusement biné et arrosé autour du porte greffe avant l’écussonnage. Le bourgeon (ou oeil) inséré ne se développera que l’année suivante, à condition que le sujet soit jeune, bien en sève (l’écorce doit se soulever facilement), et ait un diamètre d’un à deux centimètres.

La greffe en fente

Se pratique au printemps, en mars/avril, juste avant le départ de la végétation du porte greffe. Sujet et greffon doivent être sectionnés horizontalement à l’égoïne, à la hauteur désirée, puis le sujet sera fendu sur 4 cm environ. Dans la fente ainsi pratiquée, on insère un à deux greffons (deux si le sujet dépasse 5 cm de diamètre), portant trois yeux, et taillés en double biseau ; faites bien coïncider les cambiums (zones régénératrices), ligaturez et engluez entièrement avec du mastic pour protéger de l’air ; le greffon doit être en état de repos complet. Ce procédé convient aussi aux arbres fruitiers.

La greffe par approche

On la pratique en juillet avec des pousses semi ligneuses de l’année. C’est la méthode la plus sûre car sujet et greffon restent alimentés par leurs racines jusqu’à la soudure. Le porte greffe est élevé en pot pour être placé plus aisément auprès de la plantemère qui fournit le greffon. Prélevez sur les deux rameaux un morceau d’écorce de taille et dimension identiques, afin de les faire coïncider exactement lors de l’application ; maintenez

serré par une ligature. Le sevrage se fait en novembre : coupez le portegreffe au sécateur au dessus de la soudure, et le greffon, au dessous.

Le greffage en couronne

Il est utilisé en avril mai, surtout pour restaurer des arbres peu développés ou âgés, il s’agit plutôt d’un « surgreffage » ou regreffage. Incisez verticalement un gros tronc étêté sur 4 5 cm entre aubier et écorce, là où vous insérerez vos greffons (de 3 à 7 cm suivant le diamètre du sujet). Vous vous les procurerez, ces greffons, chez un pépiniériste, à la fin de l’hiver. Vous les conserverez dans du sable humide, taillés en biseau allongé à la base et porteurs de trois yeux. Ligaturez et mastiquez sur toutes les plaies. Le sujet doit être en pleine sève.

Cette méthode s’applique beaucoup sur de vieux arbres fruitiers.

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