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 Les astuces du jardinier

L’arrosage

S’il est vrai que l’eau de pluie est idéale pour les arrosages et que l’eau du puits doit être tiédie avant l’opération, il est cependant inutile d’être plus royaliste que le roi, la production de vos légumes ne souffrira pas d’arrosages à l’eau froide pour la bonne raison que c’est la terre qui communique sa température à l’eau, et non le contraire ; il s’agit ici, bien entendu, d’arrosages à même la terre et non sur les parties aériennes. Préférez, à de petits arrosages fréquents et superficiels, un seul, en profondeur, et qui pourra tenir une semaine, surtout si vous l’effectuez en trois fois, après binage de la croûte sèche du sol. Les légumes feuilles (laitues, choux, chouxfleurs) sont beaucoup plus avides d’eau (jusqu’à la pommaison) que les légumesfruits ou en cosse (aubergines, melons, pois). Par contre, après pommage, n’insistez pas, ils monteraient en graines. Ne projetez jamais l’eau, au risque de dénuder les racines, mais le plus près possible du sol et des pieds de vos plantes. Les bassinages quotidiens en fines pulvérisations sont essentiels à la germination de vos semis et empêchent la terre de se croûter.

Au printemps et en automne, il faut arroser le matin, pour que toute l’eau soit absorbée avant les gelées nocturnes, néfastes aux plants nouveaux ; en été, c’est le soir à cause des risques d’évaporation et de forte réverbération en plein soleil, ou encore très tôt le matin.

L’arrosage d’un sol en pente

Cette opération est toujours très délicate, car si le haut de la pente ne retient pas l’eau, en revanche, c’est le bas qui absorbe la totalité des écoulements, au détriment des végétaux supérieurs qui, eux, crèvent de soif. Pour supprimer cet inconvénient, il suffit d’enterrer, en haut de pente, sous les racines des plantes à arroser, des pots de terre, lesquels emmagasinent l’eau d’arrosage, en contribuant à humidifier le sol aux alentours, sans pour autant empêcher le bas d’en bénéficier.

L’arrosage à la bouteille

Une grande majorité d’entre vous ne peuvent jardiner que pendant le weekend, aussi, en votre absence, pour que vos plantes ne dépérissent pas, par manque d’humidité, il existe un truc bien pratique : à proximité des assoiffées, creusez un trou de 10 cm dans lequel viendra s’emboîter le goulot d’une bouteille remplie d’eau, dirigée vers le pied de la plante et posée en biais ; tassez bien la terre autour de ce goulot pour que la bouteille ne bouge pas ; petit à petit l’eau sera instillée dans la terre et alimentera vos végétaux, même les plus jeunes et les plus fragiles ; n’importe quelle bouteille plastiaue fera l’affaire, et vous pourrez retourner chez vous en semaine, en toute tranquillité.

La jauge

Mettre en jauge est une technique de plantation provisoire, qui intervient lorsque les végétaux commandés ne peuvent encore être plantés définitivement (par exemple, votre terrain n’est pas encore prêt à les recevoir, les conditions climatiques sont défavorables, etc.). Ce sont généralement les jeunes arbres, arbustes ou rosiers venant de la pépinière que l’on met en « jauge » ; il suffit de ménager une tranchée pour leurs racines et de les recouvrir de terre assez haut, avec une partie de leurs branchages (pour éviter le dessèchement). De même, l’enjaugeage peut servir à régénérer de petits arbustes endommagés pendant le transport. On les allongera entièrement dans la tranchée pour les enfouir complètement (mais sans exagérer) sous de la terre humide, ou encore dans des sacs mouillés, si les branches ne peuvent encore supporter le poids de la terre. Cette pratique vaut également pour la conservation de certains légumes d’hiver devant attendre avant consommation.

Remarque :

ne pratiquez jamais l’enjaugeage dans un sol détrempé ou mal drainé, qui provoquerait la pourriture de vos plants.

Les éclaircissages

Sans l’éclaircissage, et faute de place, la croissance ou l’entrée en végétation de vos plants s’arrête, des légumes comme les raves, les carottes, les radis durcissent. C’est pourquoi, il vaut mieux déterrer ces plantes lorsque la terre est humide (vous l’aurez arrosée préalablement si elle est trop sèche) en procédant par échelons, en plusieurs fois. Utilisez pour la cuisine tout ce qui ne doit pas être repiqué.

Les repiquages

Ce sont les plants les plus solides (trapus, consistants) qui doivent être conservés au détriment des plus chétifs ; leur bourgeon central doit être intact. Prenez garde de ne pas les laisser trop grandir avant repiquage, ils en souffriraient. A l’arrachage, pas une seule racine ou radicelle du faisceau ne doit être brisée, au mieux, on doit y retrouver des parcelles de la terre d’implantation. C’est le soir, en l’absence de soleil, qu’il faut se dépêcher de repiquer les jeunes plants qui risquent de faner ou de se dessécher, autrement, si cela vous est impossible, protégez vos plants par de petits abris (tubes de carton, boîtes de conserves sans.fond ni couvercle),

Important :

Lors de la plantation, les racines doivent avoir toute la place nécessaire, aussi ne jamais les plier ou les comprimer ; placez les verticalement dans le trou prévu et pralinez les dans un mélange bouse + boue. Le repiquage sera toujours suivi d’un arrosage lent et pénétrant, que vous protégerez de l’évaporation estivale par des paillis.

Les semis

C’est du semis initial que dépend toute votre récolte à venir, aussi il est primordial de se souvenir qu’il ne faut semer qu’en terre bien préparée, suffisamment humide (elle doit bien s’effriter et s’émietter) par temps ni trop sec, auquel cas il faudrait arroser un jour avant d’ensemencer, ni trop humide, ce qui ferait pourrir vos graines. Semez plutôt l’après midi, au printemps, et rarement avant avril. Pensez également au dicton « qui sème dru, récolte menu », autrement dit, ne gaspillez pas de grosses quantités de graines improductives (vos jeunes plants seraient privés d’air et de lumière). Mélangez les graines les plus fines à du sable clair, à raison de 4 fois leur volume en proportion ; cette opération vous fera économiser sur la quantité à semer et vous permettra de suivre votre tracé. Plus les graines sont fines et petites, moins il faut les enterrer ; à titre d’exemple, une graine de 2 mm de diamètre sera enterrée sous 2 mm de terre, une de 4 mm, sous 4 mm de terre, etc. Au printemps, la meilleure adhérence (ou incorporation) des graines à la terre s’obtient par un plombage léger en sol lourd ou fort en sol léger à l’aide d’une batte (planche de bois munie d’un manche).

Le climat et les expositions

Il est préférable, par temps frais (jusqu’en mai) de semer à l’abri d’un mur exposé sud et protégé des vents du nord ; en été, par contre, c’est l’exposition nord ou ouest d’un mur qu’il faudra rechercher. Si vous n’avez pu protéger vos jeunes plants des gelées printanières, malgré les paillis ou tapis de feuilles mortes prévus, faites les dégeler très progressivement en les bassinant dans de l’eau tempérée à 4 environ.

Augmenter la durée des fleurs coupées

Une fleur cueillie à la campagne, ou au jardin, privée de son milieu nutritif originel, ne peut survivre que peu de temps. Pour prolonger sa durée, suivez attentivement ces conseils : cueillez la le matin lorsqu’elle bénéficie encore de la fraîcheur de la nuit ; préférez des fleurs en boutons, ou à peine épanouies ; ne jamais cueillir celles qui vous paraissent à l’apogée de leur floraison ; dépêchez vous de les mettre en vase sans aucun délai, sinon, aspergez les copieusement d’eau en attendant ; coupez les bouts des tiges avant la disposition en vases, en ayant eu soin d’effeuiller tout ce qui est putrescible dans l’eau ; jamais d’exposition devant une fenêtre trop ensoleillée ou de séjour en chambre surchauffée ou enfumée de tabac ; ne changez l’eau totalement que tousles 3-4 jours et faites remonter le niveau, entre temps, par de l’eau fraîche ; efforcez vous de reconstituer leur milieu nocturne habituel en les mettant la nuit dans la cuisine ou la pièce la plus fraîche, fenêtres ouvertes (ou sur le balcon en l’absence de gel) ; méfiez vous des bouquets qui ont été conservés en réfrigérateurs, ils ne tiendront pas chez vous ; enfin, dernier recours, mélangez à l’eau de votre contenant des poudres conservatrices, nutritives, à effet bactéricide, achetées chez les fleuristes, sans être pour autant des fanatiques, car de toute évidence, une fleur coupée reste une fleur destinée à périr plus vite.

Particularités : on « casse » les tiges des fleurs d’automne (dahlias, chrysanthèmes) et on écrase celles des ligneux (lilas, mimosas) au lieu de les couper, comme pour les autres fleurs, avant de les mettre dans l’eau.

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